Nigeria : la police religieuse arrête 19 personnes accusées d’avoir organisé un mariage homosexuel

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Dans l’État dans Kano, dans le nord du Nigeria, 19 personnes accusées d’avoir organisé un mariage homosexuel ont été arrêtées par la police islamique.

Kano fait partie des 12 États fédérés du Nigeria à avoir instauré la charia, la loi islamique.

 

La police religieuse (hisbah) l’État de Kano, dans le nord du Nigeria a de nouveau procédé à des arrestations de personnes accusées d’homosexualité. Dimanche 18 décembre, 19 personnes, 15 femmes et quatre hommes âgés d’une vingtaine d’années qui participaient à une fête dans une salle polyvalente ont été arrêtées.

« Nos hommes ont fait irruption dans le lieu où un couple gay organisait un mariage et ont arrêté 19 hommes et femmes, dont l’organisatrice du mariage », a assuré mardi 20 décembre, Lawan Ibrahim Fagge, un porte-parole de la police islamique. Selon lui, le présumé couple de mariés homosexuels aurait réussi à s’échapper. A lire aussi : Au Nigeria, une étudiante chrétienne tuée après des accusations de blasphème Les faits

Kano fait partie des 12 des 36 États fédérés du Nigeria qui ont instauré, en 2000, la charia, la loi islamique. Les tribunaux islamiques y coexistent avec le système judiciaire de l’État fédéral laïc. De fait, cette coexistence pose des problèmes récurrents de compatibilité. Une application stricte de la charia condamne en effet à la peine capitale l’homosexualité, mais aussi le blasphème et l’adultère. En 2014, une loi fédérale pénalisant l’homosexualité a été adoptée par l’État le plus peuplé d’Afrique. Les personnes accusées d’homosexualité encourent entre 10 ans et 14 de prison. Pour l’heure, aucune condamnation à la peine capitale n’a encore été prononcée par un tribunal islamique pour des accusations d’homosexualité.

Précédents

Des arrestations de la police religieuse accusant des jeunes d’organiser des mariages de couples de même sexe ont en effet déjà eu lieu par le passé, mais les accusés ont toujours nié les faits. Ainsi, en 2018, 11 jeunes femmes accusées de préparer un mariage lesbien avaient été arrêtées. Elles avaient, par la suite, réfuté cette accusation et expliqué appartenir à un club de danse qui voulait célébrer la nomination de sa présidente.

De même, 12 hommes ont été arrêtés en 2015 dans un hôtel. La hisbah les soupçonnait de préparer un mariage gay. Ils avaient également nié les faits et affirmé avoir organisé une fête pour l’anniversaire d’un d’entre eux.

La Croix Africa (avec AFP)
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